Acte II ou comment Yayoun se transforma en Icare dans le dédale du Ventoux
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Acte II ou comment Yayoun se transforma en Icare dans le dédale du Ventoux

Par yayoun - 30-03-2009 22:12:50 - 7 commentaires

         Dimanche 6h15: le réveil sonne et toujours cette question lancinante: pourquoi??????????????? Quand je pense que cela m'a manqué de me lever aux aurores le jour où même Dieu s'est reposé...Fin des réflexions, il est temps à présent de s'activer, il fait un temps magnifique:  petit déj rapidement avalé, les affaires sont prêtes, je passe à la cérémonie de l'habillement. C'est une cérémonie très précise régie par des règles que je suis la seule à connaître et qui peuvent paraître étranges au non-initié: d'abord mettre le cardio, vérifier que l'élastique de la brassière ne fait pas doublon, enfiler les différentes couches avec précaution. Un faux pli dans le collant ou dans les chaussettes et c'est une irritation garantie. Lever les bras, plier les jambes,vérifier que rien ne coince ou ne fait mal, épingler le précieux dossard, enfiler le sac et s'équiper comme Robocop: le GPS au poignet, l'ipod sur le bras....Au cas où vous seriez en train de vous demander pour quelle course de dingue je pars, je vous le confirme, c'est bien seulement un 22 kms(imaginez ce que ça va être pour la CCC...)Vous pouvez sourire mais je suis certaine que je ne suis pas la seule à avoir mes rituels d'avant course...(que celui qui ne s'est jamais collé de sparadrap sur les tétons me jette la première pierre...Cela dit, le Ventoux s'est chargé de me jeter un certain nombre de pierres...)

7h15: départ pour le domaine de Bélézy (vous remarquerez que tous ces préparatifs ne m'ont pris qu'une petite heure...Faut pas croire...). On gare la voiture, on retrouve mes parents et direction le départ deux kms plus loin en trottinant. Je m'aperçois que j'ai prévu trop chaud et file ma polaire à des amis supporters. Les sensations sont bonnes, j'y vais tranquille, je connais à présent l'importance de l'échauffement.

8H15: on est dans le sas de départ: petit photo réunion de famille avec les kikous, on se présente, on prend des nouvelles...La pression commence à monter. Je me remémore l'objectif: il est bien humble mais en même temps il est tout pour moi: finir, simplement finir sans avoir les larmes aux yeux parce que je n'arrive plus à plier ma jambe, parce que mon genou est de nouveau parti en vrille, parce que Théophile a à nouveau mordu dans le fruit défendu qu'est mon ligament du fascia lata. Les papillons sont bien présents dans le ventre...5,...le Gps a trouvé les satellites, 4...Le casque est dans les oreilles...3: la piste de lecture est enclenchée...2: bonne chance à tous, on se retrouve à l'arrivée, 1....maman, j'ai peur, je ne veux plus y aller...0...P*****, ça fait du bien d'être de nouveau dans un peloton et pas de l'autre côté des rubalises....

 

8h30: c'est parti: je démarre tranquille dans les rues de Bédoin. Je dois démarrer d'ailleurs vraiment tranquillement ou alors ma mère m'a mis le turbo car elle est bien loin devant moi (je précise que ma mère n'est jamais arrivée avant moi sur une course). Je profite de la visite, observe le temple, écoute les conversations...Et oui, si vous croyez que je suis bavarde, venez donc faire un trail dans le Sud et vous découvrirez que ce n'est pas un défaut, simplement un trait de mes origines...ça tchatche dans les pelotons...

Je suis à une moyenne de 9 km/h. J'ai décidé de partir tranquille car je ne me connais plus sur ce type de distance. J'ai découvert que ça ne servait à rien de croire que j'avais toujours le niveau d'avant blessure. J'ai récupéré un peu de caisse mais il y a encore du boulot...Alors 22 kms, je n'ai aucune idée de la manière dont je vais réagir: du coup, j'applique le principe de précaution. On fait un ou deux kms de bitume, le temps de dérouler le peloton. Je discute avec Nico (je vous imagine déjà devant votre écran en train de vous dire le pauvre, il est vraiment dingue de courir toute la course avec elle: je vous rassure, pour assurer sa santé mentale, il y a des moments où je l'ai bouclée). Je retrouve petit à petit mon rythme de croisière, je profite de courir en pleine nature, de sentir le soleil sur ma peau après tous ces longs mois gris...Et oui, premier trail que je ne cours pas sur la neige depuis longtemps...vous allez voir que ce détail va prendre toute son importance...

Après le bitume et le sentier, on passe sur le sable...Décidément le terrain sera varié...C'est sympa, on se croirait sur un parcours de moto-cross: une bosse, une descente, une petite remontée...

Après trois kms d'échauffement, on entre enfin dans le vif du sujet et on commence la montée: très vite, ça marche dans le peloton...Je m'énerve un peu mais je me dis que c'est toujours ça d'économiser pour plus tard. Alors on monte en marchant en file indienne, coureur à l'assaut du Ventoux qui étonnamment, semble toujours s'éloigner un peu plus...le Graal ne se laisse pas atteindre si facilement.

5.5 kms de course, je recommence à m'énerver et profite d'une partie plus large pour mettre un coup d'accélérateur et doubler du monde...je n'aurais pas dû: leçon N°1: toujours rester humble en trail...

Vol plané n°1: je ne vois pas l'énorme racine devant moi, grisée par la vitesse que je suis, et wouu, je vole, atterrissage plat ventre sur le sentier...Je me relève aussitôt: ça va, rien de cassé, simplement une méga honte et beaucoup de poussière sur les fringues....Je veux repartir aussitôt: leçon n°2 du trail: ne repars jamais immédiatement après une chute comme si rien ne s'était passé.

Vol plané n°2: il m'a semblé effectivement que j'avais effectué un atterrissage beaucoup trop doux lors de mon premier vol. Ca n'était pas à la hauteur de ma réputation. En plus, je ne m'étais rien abîmé, ça ne va pas du tout ça...Alors pour tous les fans de Pierre Richard qui avaient raté ma première cascade, je la répète deux mètres plus loin en me prenant une pierre...En plus, pour faire plaisir à mes spectateurs, je chute au ralenti...je bute, je sens que je vais tomber, le buste part vers l'avant, les jambes essaient de rééquilibrer mon corps mais l'homme n'ayant jamais su voler et la loi de la gravité étant ce qu'elle est, je me ramasse une nouvelle fois sur les pierres. Cette fois-ci, je crois que j'ai bien réussi mon coup: moi qui cherchait une excuse pour changer ma garde-robe ou plûtot ma garde-collant de course, bingo...j'ai explosé mes lunettes de soleil (elles n'ont plus qu'une branche), le collant est troué, j'ai manifestement bien explosé ma cuisse, ça saigne, ça gonfle mais stoïque je reste face à cette adversité qui semble avoir décidé de me compliquer la tâche....Mais, aïe, ça fait mal...Nico s'improvise médecin urgentiste, nettoie la plaie... on attend cinq minutes que je reprenne mes esprits: deux solutions s'offrent à moi: soit je repars tout de suite avant que le muscle se refroidisse, soit j'arrête là, à six kms du départ.


 

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7 commentaires

Commentaire de Mustang posté le 30-03-2009 à 22:50:22

Aïe !!!!

Commentaire de Nono_d posté le 30-03-2009 à 22:54:31

...... et tu repars???

oui, tu repars, pas possible autrement...

Alors... alors....???

Commentaire de Tercan posté le 31-03-2009 à 07:46:39

hum.... je file sur l'acte III

Commentaire de jepipote posté le 31-03-2009 à 10:23:09

ça commence fort...mdr!

Commentaire de RogerRunner13 posté le 31-03-2009 à 17:14:31

Dit donc! c'est grand spectacle tes courses...

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 01-04-2009 à 07:46:10

Je peux te jeter des pierres car je ne m'en suis jamais collé de sparadrap (je veux bien te les coller cependant) ! En te lisant, je me pose une question : As-tu des ascendants Lutins ? Ta propension à la catastrophe et à la dérision me fait penser que nous sommes peut-être cousins...

Commentaire de ampoule31 posté le 01-04-2009 à 15:29:03

Une heure pour s'habiller tout de même ... On mettra ça sur le compte de l'échauffement.
Je file au numéro trois, quel suspence ...

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