Suite à ma note d'humeur précédente, place à un peu de frivolité et de superficialité...
Suite à mon dix kms réussi, j'avais promis à mon corps de le récompenser. Lui est moi, on fait équipe. Il est en train de se retaper, me permet de courir presque une heure alors...Je lui ai réservé un après midi spécial "papouilles" intitulé délices d'automne
: au programme: gommage, massage, enveloppement, le tout au chocolat.
J'arrive donc là bas après avoir frôlé la crise de nerfs dans ma voiture en attendant que la manifestation des enseignants passe

...Et là, quel changement....
J'entre dans un monde paisible: la lumière est tamisée, la musique douce, la cabine chaude et accueillante...Après les premiers frimas, rien que cette atmosphère me fait l'effet d'un doudou.
Mais très vite, la réalité me rattrape... Il faut se déshabiller et enfiler le string jetable
. Et ça, c'est étrange: je ne sais pas si vous avez déjà vu un string jetable mais ce n'est vraiment pas glamour...A côté, même mes boxers pull in font plus féminins...
Je m'allonge donc sur la table de massage et on commence par un gommage aux fèves de cacao pilées...Hmmm, ça sent trop bon...J'ai l'impression qu'on me frotte avec un sable assez épais, ça me rappelle la plage de Favona en Corse et j'ai l'impression d'entendre les vagues, de sentir ce sable sur ma peau, la chaleur...Ca y est, je déconnecte, je suis en vacances...Après avoir adouci tout mon corps, direction la douche recouverte de fèves des pieds à la tête...
2e étape: le massage...Ahhh, un massage en régle du dos, des épaules, des bras, des mains (j'adore) puis les pieds, les mollets, les cuisses...C'est trop bon...
Je ne veux pas que ça s'arrête...C'est le pied de s'occuper de soi...La réalité est loin, très loin...Je redeviens une vraie fille
3e étape: l'enveloppement au chocolat: là, ça sent le gâteau au chocolat fait maison...Miam, miam...
Mais tout à coup, ça devient étrange...Le chocolat coule sur moi, chaud puis au contact de ma peau durcit comme celui qu'on met sur les glaces et là, j'ai super froid, mais vraiment froid...
Je donnerai tout pour une couverture...
Au bout de 5 minutes, me voilà transformée en poire Belle Yayoun, entièrement nappée de chocolat...ça sent bon, j'ai envie d'un chocolat chaud (même si ça fait 25 ans que mon corps ne le supporte pas), c'est très agréable mais soudain j'ouvre les yeux: waou, même dans les trails les plus détrempés, j'ai rarement était recouverte comme ça...J'ai l'impression de sortir d'un combat de catch...C'est bon, je suis prête pour la boue de la Rhône oientation... Finalement, être recouverte de boue, c'est très féminin comme comportement ...( toutes mes excuses aux militaires...)
Enfin, elle m'emballe et je me transforme en jolie papillote de Noêl cachée sous une couverture (enfin...) et c'est parti pour 20 minutes de sieste...C'est bizarre, ça glisse mais ça sent trop bon...Personne dans la cabine: je goûte: beurk!!! c'est pas du vrai chocolat: c'est pas du tout comestible...Dommage!!! J'aime pas trop l'impression d'être emballée comme un Ferrero Rocher, un peu claustro mais bon, elle a dit qu'il fallait se détendre et je m'endors...
Fin du soin: je reprends ma voiture: j'ai la peau toute hydratée, je sens aussi bon qu'un muffin sorti du four, je plane à 15000, j'ai un sourire qui ne veut pas quitter mon visage, les grévistes se sont évaporés...Je peux enfin rentrer chez moi...Oh, ils ont mis les décorations de Noel...Ma rue est toute illuminée...Je trouve une place devant ma porte...La vie est belle
Je crois que je vais offrir un soin comme ça à mes collègues grévistes à Noël...Peut-être que ça les adoucira...
La journée commençait mal...Je prends ma voiture pour aller travailler et je découvre un joli papier vert que je prends pour une pub et que je manque de jeter comme tout bon citoyen...Mais non, c'est une petite amende...Bon, cela dit, elle était méritée...Mea culpa.
Arrivée au collège: c'est le bordel comme tous les jours de grève...De la même façon que les usagers de la SNCF s'énervent contre les seuls employés qui ne font pas grève, les parents nous prennent pour cible...Comme si être prof était un trait d'identité invariable...Mais non, je vous assure, il existe une multitude d'enseignants...
Récré en salle des profs: ambiance irréelle: les quelques frondeurs qui ont résisté à la pression des autres se serrent les coudes: demain, la moitié de la salle des profs ne nous dira pas bonjour...Nous n'avons pas été solidaires...Cela ne ferait pas de mal de relire le Traité sur la Tolérance...Certains peuvent parfois être très extrêmistes.
Retour à la maison: mon quartier est bouclé...Logique, j'habite à un km du rectorat, lieu de passage du cortège. J'ai un RDV à 16h30 à 10 mètres du lieu où le cortège me bloque...Il me faudra 45 minutes pour passer. Je ne conteste pas le droit de grève ni même ceux qui ont fait grève: c'est une liberté de chacun et chacun a ses raisons, ses motivations..Mais je conteste la manière dont cela est fait par une minorité et je dis bien une minorité...Celle-là même qui constitue une partie du cortège et manifeste contre la suppression des postes alors que si on additionne toutes les heures sup qu'ils se sont empressés d'accepter à la fin de l'année, on retrouve la moitié des heures des postes supprimés...
Je précise ma pensée: la majorité du cortège défilait tranquillement, scandant ses slogans, arborant ses messages...Chacun est libre de le faire. Je me trouvais dans la ligne des quatre voitures servant de barrière entre les automobilistes furieux et les grévistes. Et là, j'avoue que j'ai été choquée, choquée par une minorité ( et je dis et répète que c'est une minorité): choquée de voir certains enseignants insulter les automobilistes, en venir aux mains avec eux, menacer de casser les parebrises. Voulant calmer le jeu, je cherche alors à leur expliquer que nous véhiculons une image et que ce n'est pas celle-là que nous voulons associer au nom d'enseignant. Je reçois en échange des insultes. C'est la liberté de chacun de manifester mais aussi la liberté de chacun de ne pas manifester. Nous avons pour mission première de former des citoyens. Or ce que j'ai vu n'était en rien des comportements de citoyens. Une société dans laquelle on fait pression pour contraindre l'autre à adopter son point de vue, dans laquelle on ne tolère pas que quelqu'un puisse penser différemment, ce n'est plus une société démocratique mais une dictature et j'avoue avoir eu honte d'être une prof face aux autres automobilistes car l'image véhiculée par une minorité, c'est ensuite sur l'ensemble du corps enseignant qu'elle est plaquée.
Alors je tiens ici à montrer qu'il existe aussi des enseignants différents. Je n'ai pas fait grève...Cela ne veut pas dire pour autant que je partage pas certaines revendications, que je ne m'inquiète pas pour l'avenir de mes élèves. Mais qui suis-je pour limiter la circulation de l'autre? Pour le prendre en otage alors qu'il essaie simplement de gagner sa vie?A force de ne parler que des inconvénients de notre métier, nous n'en voyons plus les avantages. Bien sûr, nous faisons un métier difficile qui demande du travail, de la patience, de l'abnégation parfois mais par les temps qui courent, être certain d'avoir son salaire à chaque fin de mois...C'est quand même bien non?
Alors oui, je pense que l'on pourrait avoir de meilleures conditions de travail mais je connais aussi le privé et j'ai alors beaucoup plus de mal à me plaindre.
Enfin, je sais que le corps enseignant est énervé mais aujourd'hui, j'ai vu dans une MINORITE de la violence, de la haine, de l'incompréhension, de l'intolérance qui m'ont fait peur. On ne peut pas demander aux parents et aux élèves de nous respecter si nous ne montrons pas l'exemple. On ne peut pas revaloriser l'image de notre métier en ayant un tel comportement...Car ce métier, même s'il est dur, est magnifique...Enseigner, transmettre, préparer les jeunes à leur vie d'adulte, partager ce que l'on sait, les ouvrir à la culture, susciter leur curiosité, c'est superbe...Ce n'est pas tous les jours comme ça mais j'aimerais que l'image que l'on garde de l'enseignant ne soit pas celle de celui qui prend en otage et insulte ceux qui ne sont pas d'accord mais celle de celui qui tous les jours est face à ses trente élèves et essaie avec ce qu'il a de leur apprendre quelque chose, de celui qui le soir chez lui continue et corrige les copies, prépare ses cours, remplit ses bulletins, organise ses sorties, de celui qui reçoit les parents jusqu'à 21h, de celui qui est disponible et ouvert pour ses élèves, de celui qui s'efforce de leur donner les armes pour réussir leur vie,de les conseiller, de les aider face à leurs difficultés, de celui qui essaie d'en faire des citoyens et de celui qui a aussi à faire face à la violence des parents, des élèves, au manque de respect, au manque de soutien de la hiérarchie, de celui qui comme tout le monde a un métier avec des avantages et des inconvénients.
Ce n'est ici que mon avis personnel...Le but n'est pas de polémiquer car je le répète chacun est libre de ses choix et de ses convictions mais simplement de montrer que cette liberté doit marcher dans les deux sens.
J'ai eu les résultats de jogg'îles:
Les premier(e)s de la catégorie S1F.séniors femmes entre 19 et 28 ans,
--------------------------------------------------------------------------------
1°... JEAN Cecile 0h50m58
2°... VALETTE Maud 0h52m07
3°... MANIGAND Agnes 0h55m51
4°... PONS Sarah 0h56m25
5°... VANG Mai 0h56m58
Je suis 4e dans ma catégorie à 34 p****** de secondes près...Je sais que j'étais blessée mais si je m'étais un peu bougée les fesses, je serais montée sur la 3e marche...
En même temps, je suis super contente pour mon retour, c'est pas si mal...
P.S: félicitations Langevine pour ta superbe 1ere place
Aujourd'hui 16 Novembre, voilà exactement 48 jours que je me suis blessée et 41 jours que je suis au repos...La Yayoun tournant comme une lionne dans sa cage malgré de multiples activités de substitution commence à méchamment pété un plomb...
9 Novembre: j'en ai marre, je me sens bien,je me connais mieux que ne me connaissent mes kinés, je recommence à courir.
J'enfile enfin ma tenue, la genouillère, des semelles en attendant les vraies et je pars au jardin aux fontaines à Nimes. J'attends la barre fatidique des 13',
je rêve, ça passe, pas de douleur
...Je continue, surtout ne pas s'emballer...La douleur arrive à 34'. M'en fous, je suis contente, j'ai passé la barre psychologique des 13 minutes. 
Semaine du 9 nov au 16 nov: I am back: j'alterne 35' un jour, vélo et elliptique l'autre jour...Chaque matin, le test de mes 5 étages à descendre sans ascenseur me permet de m'assurer que j'ai pas trop tiré sur le tendon...
15 novembre: mes parents arrivent pour courir les 30 kms de Jogg'îles...P*****, j'en ai ras le bol, moi aussi j'ai envie de courir et celle-là, j'aurais du la faire... Ras le bol d'annuler mes courses les unes après les autres...Marre de jouer les pom pom girls...Marre d'être de l'autre côté de la ligne d'arrivée...Marre de ne pas courir alors que les jambes me démangent...Marre d'entendre les autres me raconter leurs courses et de ne pas les faire...Marre, marre, marre:
Alors c'est le moment de recommencer, de remettre le pied à l'étrier, je décide de m'inscrire sur le 5 km.
16 novembre: 7h30: moment des inscriptions: je ne sais pas quelle distance courir...Mon démon me dit de me lancer sur le 30 mais là je sais que ce n'est pas raisonnable
...Surtout que j'ai quand même perdu au niveau cardio et au niveau musculaire. 21 km??? Non, pas raisonnable non plus
...5 km: pas envie, c'est trop court, ça va partir vite et j'ai peur de me prendre au jeu de la compétition et de n'être ni prudente, ni raisonnable...En même temps, j'ai pas encore dépassé 35' et j'aurais le temps de faire mes 5 kms dans ce crédit temps que m'octroie Théophile (et oui, c'est le petit nom de ma tendinite: TFL m'a fait penser à Théophile et j'ai besoin de le nommer pour mieux lui exploser sa tête grave
comme diraient mes 4e) . Et puis, la semaine prochaine, je fais la Rhône orientation avec le Castor, il faut que je vérifie ce que je vaux...10 kms???Ca pourrait être bien mais vais-je tenir???Et si mon genou bloque, comment je rentre???Et si j'arrive dernière parce que j'arrive plus à avancer???Et si...Et si... Et si...Ma mère me met un bon coup de pied au *** et me rappelle que la blessure, c'est aussi dans la tête...Et puis un petit démon partage l'idée avec moi que la vie ne vaut rien sans risque...Risque somme toute mesuré, ce n'est qu'un dix bornes...
Oui mais voilà, c'est mon premier 10 bornes...J'ai fait des semis, des marathons, des trails mais je n'ai jamais fait un 10 km...J'ai l'impression d'être une débutante, de recommencer à zéro et accepter que c'est presque le cas n'est pas si facile que ça...
Je croise Tounik, Langevine, Vial, David qui partent pour le 30 km...Je veux courir...Un copain m'apprend que le 15 fait en réalité 13,8...Et si je changeais mon inscription...Oui, mais la barrière psy des 10 bornes ne me paraît pas encore franchissable alors ce sera le 10 bornes,
c'est décidé. Je ne peux pas abandonner, pas cette fois...
8h10: départ du 30 km, j'encourage, j'attends qu'ils repassent devant le départ au bout du 10km.
Je vois passer le départ du 21, du 15...Le mien est à 10h30 et le stress monte
...J'ai l'impression d'être sur le grill...Si je dois abandonner, mon moral va en prendre en coup, si j'arrive dans les dernières aussi...Je sais que je suis blessée mais la pilule passerait mal
...Ne pas s'inscrire, c'est pouvoir rêver de le faire sans se confronter à la réalité...Mais ne même temps, si je n'y vais pas, je ne saurais pas si je peux le faire..J'ai envie de me prouver que ça y est, je vois le bout du tunnel...J'ai nagé, pédalé, dansé, couru dans l'eau mais maintenant j'ai envie de courir sur la terre ferme et m'éclater...Je ne cesse de me répéter qu'il ne faut pas que je me laisse embarquer par la vitesse, que je dois le faire à un rythme bas...Je m'échauffe un peu mais en même temps, je ne veux pas griller mon capital temps course...Je fais les étirements du kine et ça y est, c'est l'heure de se placer dans le sas du départ...
Je le confesse, je scrute les autres filles, me demande si celle-là, je peux la laisser derrière moi...Celle-ci court avec des converses, je dois arriver avant elle...Je discute avec un gamin de 14 ans dont c'est le premier 10 bornes, je suis au milieu du sas...Le décompte est lancé, ça fait six semaines que j'ai pas fait une compèt...5, 4, 3, 2, 1...GO
C'est parti, musique dans les oreilles, bonnet rose vissé par dessus...je cours ou plutôt j'essaie, ça bouchonne devant mais ça permet de chauffer doucement. On fait le tour du lac, le terrain est un peu boueux...Je fais ce que je redoutais , je vais trop vite mais en même temps, c'est comme si on avait laché les chevaux...J'ai besoin de me défouler
...En plus, je vois que je double des filles...Je remonte, je remonte mais je n'ai aucune idée de comment on gère un 10 bornes
...Je passe les deux premiers en 4'...ça ne va pas aller...Je vais beaucoup trop vite alors que je ne me suis pas réellement entraîné depuis presque 6 semaines...Je ralentis mais je continue à remonter...Les 13' passent...Pas de douleur, c'est bon...Le lac est sous le brouillard, on court sous un mélange de pluie et de bruine...Dommage, ça doit être bien plus joli sous le soleil...en plus, le terrain est assez boueux...Bon au moins, si j'ai mal au genou, je me jette dans la boue, ça me fera un cataplasme...
Je continue de remonter, 3e km, 4e km...ça marche...je suis toute à la joie de courir et en même j'ai cette peur sous-jacente parce que ce Théophile, je commence à l'apprivoiser et c'est une sale bête, c'est un pervers, une saleté, une teigne qu'il faut que je domine...je peux ne rien sentir et soudain ilva surgir de nulle part et me mordre le genou, me vriller le tenseur jsuqu'à la fesse...Profiter mais rester priudente...5e km ravitaillement: surtout bien s'hydrater, Théophile est un soiffard, ne pas l'oublier...C'est bon la moitié est faite en 28'...mais je commence à la sentir arrivé, bien tapi derrière moi...Saleté...Qu'est-ce que je fais: j'abandonne ou je continue???
Ras le bol, j'ai écouté mon corps pendant 6 semaines, je l'ai reposé, soigné, huilé, massé, ultra sonné (???), étiré, compexé (???), rééquilibré, couvert d'argile...Maintenant, c'est le moment de reprendre...
C'est tout le problème de blessure: savoir où est la frontière entre trop s'écouter et juste s'écouter???Là, la douleur ne m'oblige pas à marcher donc je continue...
6e km, je commence à avoir mal...Mais ce n'est pas la tendinite...C'est simplement mes muscles qui retravaillent...C'est quoi ce sport de barbare que je tenais absolument à reprendre
...ça fait mal aux cuisses, aux quadri, aux adducteurs...Pourquoi je ne voulais plus me reposer moi déjà??? J'étais bien dans mon lit, à dormir jusqu'à 10h parce que pas de course, à être au chaud et là, je suis levée depuis 6 heures, il pleut mais en fait, j'adore ça...
7e km: mais tu vas voir qu'en plus je vais me prendre un point de côté...je rêve...comment j'ai pu courir un marathon il y a six semaines...Au même rythme qu'à Genève, j'ai des pulsations à 193 alors qu'il y a six semaines, j'étais à 172...N'y pense pas, avance, avance...Paf, un bon coup de couteau dans la fesse, en haut du fascia lata...Aie, ça fait mal dans les montées mais quand ça fait mal, prendre une foulée rasante, ne pas lever les genoux et plus j'accélère, plus la douleur passe...
8e km: je colle une femme avec une casquette rouge et je m'interdis de la doubler...Prendre son rythme, pas plus vite, tu as une longue saison derrière...Surtout ne pas se réimmoboliser un mois...
9e km: grave erreur stratégique de ma part...je sens l'hypo venir...j'ai tjs détesté les courses qui commencent aussi tard, j'arrive pas à trouver le bon mode d'alimentation...C'est pas le moment d'avoir les jambes qui flageolent et puis, j'en ai marre de me brider, j'accélère...J'aurai pas du
...je suis partie du principe que j'avais la caisse et pouvait me permettre un sprint d'une borne comme sur le marathon...Grave erreur, les jambes ne sont pas là, je tiens sur l'orgueil...cette femme avec les cheveux frisés, je l'ai suivi depuis 5 kms, cette fois-ci je me la fais...Je vois les tentes, je pense qu'on va tourner à droite pour aller vers l'arrivée...J'accélère encore, je vois ma mère qui me fait signe de ralentir...il ne reste pas 100m mais 600 en réalité...Grrr
, je me suis faite avoir comme une bleue...Je finirais quand même en sprintant en jouant sur le mental et en sachant que sur les courses passées, j'ai tjs découvert des ressources bien cachées au moment de l'arrivée...Je passe enfin la ligne, ravie d'avoir fini cette course mais avec des jambes en fromage blanc...
Bilan: 10, 2 kms, 55'28: je suis finalement assez contente de moi et en plus, maintenant, j'ai enfin un temps de référence sur 10 bornes qui pourra me permettre de mesurer les progrès avec la reprise de l'entraînement.
Non, en fait je suis super contente de moi parce que ça fait du bien de refranchir une ligne d'arrivée sans que la souffrance prenne le pas sur le plaisir, de passer l'arrivée tout simplement...
J'ai pris goût à cette distance...je pense qu'il y a moyen que je m'éclate dessus dès que je serai à nouveau en possession de tous mes moyens...
Mon genou est encore fragile, il faut que je le glace en rentrant.
J'ai perdu au niveau cardio et au niveau musculaire: il va falloir reprendre d'abord en endurance et renforcer les muscles avant de recommencer un vrai programme: trois semaines d'arrêt complet, il faut compter 6 semaines pour que je retrouve mon niveau.Mais j'ai aussi tenu 10 bornes en ayant pas couru depuis cinq semaines...
J'ai pris une décision: à voir dans mon prochain billet...
Bilan à arrivée + 7h: je suis aussi claquée que si j'avais fait 40 bornes...Je sens un peu mon tendon mais beaucoup beaucoup moins qu'au début de ma convalescence et surtout je renoue avec les courbatures...
vendredi j'ai mes semelles, des nouvelles baskets et je serai de nouveau à l'attaque...Mais j'ai bien compris la leçon: courir avec modération, avoir une bonne hygiène de vie et surtout se reposer, récupérer pour mieux courir...
J'ai voulu vous faire partager ici une chronique que j'ai trouvé très drôle, décalée, provocatrice mais très réaliste. Il s'agit de la chronique "Il était une mauvaise foi" de Jean-Pierre Gauffre...Bonne lecture:
Ca y est, Barack Obama est élu... Et attendu comme le messie... Mais justement, n'est-ce pas un peu trop lui en demander ?
Croyez-moi ou pas, mais le monde a déjà changé depuis 24 heures... Il y a des signes visibles... Et tout ça par la magie de l'élection de Barack Obama... Regardez, le soir même de son élection, à des milliers de kilomètres de là, par ce qu'on appelle l'effet papillon, l'Olympique de Marseille gagnait son premier match de la saison en ligue des champions... C'est bien la preuve que désormais, tout devient possible, même l'impensable, l'inimaginable... Yes, we can...
Le monde va changer, c'est certain... Grâce à ce qui s'est passé lors de cette journée magique, historique, du 4 novembre, grâce à Super Barack, l'aveugle verra, le paralytique se lèvera, le sourd entendra, le con comprendra... Même le raciste n'aura plus peur dans le noir... Yes, we can... Et ce n'est pas fini... Le mécréant croira, le terroriste se repentira, le pollueur nettoiera la planète, le pauvre mangera à sa faim car le riche lui donnera la pince gauche de son homard, le banquier accordera des crédits à tous ceux qui en ont besoin, le Tour de France cycliste se courra enfin à l'eau claire... Yes, we can...
Et ce n'est pas fini... La paix tuera la guerre, l'Israélien épousera la Palestinienne, la vache ne sera plus jamais folle, le soleil brillera toujours en juillet et en août à Houlgate pour les vacances, les prisonniers de Guantanamo seront traités décemment, les Chinois surferont librement sur Internet, le parti socialiste aura un nouveau premier secrétaire, je n'aurai plus de cholestérol... Yes, we can...
Et ce n'est pas fini... Les biocarburants supplanteront le pétrole, on ne torturera plus les animaux dans les laboratoires, on supprimera les émissions de télé-achat, on ne lapidera plus les femmes adultères en Somalie, je ne m'entaillerai plus les doigts avec un tournevis en montant une commode de chez Ikea, les hommes vivront d'amour, il n'y aura plus de misère, les soldats seront troubadours... Et nous, nous serons morts, mon frère... Yes, we can...
Personnellement, mon patron me donnerait un pareil programme, qui a quand même des allures de travaux d'Hercule, avec toute la planète qui me regarde pour voir si je vais jusqu'au bout, je ne considérerais pas ça comme un cadeau, encore moins comme une promotion... Parce qu'un messie planétaire, qui marche sur l'eau et multiplie les pains, on a déjà eu ça, il y a longtemps, et ça s'est mal terminé, pour le messie et pour ceux qui croient toujours en lui... Comme quoi finalement, malgré les apparences, il n'y a pas grand-chose de nouveau sous le soleil... Dans les pays occidentaux, dès que le boulot est crevant, on le confie toujours aux Noirs... Mais évidemment, vous n'êtes pas obligés de me croire...
Mon magasin de course préféré m'a donné un nouvel agenda du coureur qui commençait lundi...J'ai décidé que c'était le moment de faire table rase du passé, de la période de repos et de reprendre un minimum d'activités en accord avec mon kiné, à défaut de la course à pied.
Lundi: 1h30 de muscu et étirements: bilan: aujourd'hui, pas de douleur supplémentaire donc j'ai le feu vert pour continuer.
Mardi: je décide que l'eau va devenir ma meilleure alliée et je commence ma matinée par une heure d'aquagym dans mon club de sports...Avec mon frère, on a l'habitude de se moquer des cours d'aquagym. Ma mère, dans une autre vie, en donnait et petits, nous y assistions sur la plage de la piscine tout en nous moquant des vieilles dames présentes...Déjà, cette constante n'a pas changé...Moyenne d'âge dans le bassin: V3. En même temps, je peux vous dire qu'après une heure à faire des vagues dans l'eau, je leur tire mon chapeau à ces V3. Je prends le même matériel que tout le monde: deux frites et deux énormes haltères et le cours commence. C'est parti pour une heure de cardio et de muscu dans l'eau. Je reste très à l'écoute de mes sensations...Ca fait mal, mais de la bonne douleur, celle qui montre que le corps travaille, pas celle de la tendinite...L'ambiance est sympa mais je ne comprends pas comment ils arrivent à faire les exercices sans bouger dans la piscine...Si je fais des battements, j'avance dans l'eau. J'ai l'impression d'être une auto-tamponneuse dans une maison de retraite...Paf, je tape une frite...Là-bas, un haltère me remet dans ma direction...Pfff, pas si facile cette sissi-classe...J'ai les bras qui brûlent, je transpire alors que je suis dans l'eau et là, on passe au pire, les abdos...Pfff, j'ai pas d'abdos...Même la doyenne lève ses jambes plus haut que moi....Mais c'est de la triche, elle a des pieds plus grands que les miens, elle a besoin de moins d'efforts pour les faire sortir de l'eau...
Enfin, fin du cours: le bilan est bon, j'ai fait ma muscu, chose qui va devenir un passage obligatoire...
En effet, dans mon cas personnel, ma tendinite viendrait d'un décalage de mon bassin et de ma cheville. Concernant le bassin, mes abdos et mes lombaires sont insuffisants pour le maintenir dans le bon axe donc je ne couperai plus à la PPG...L'avantage, comme le soulignait Ptijean, c'est que dans mon maillot d'aquagym, je vais avoir des abdos en béton...
Contente de ce bon déroulement des choses, j'avise une ceinture de flottaison et me dis que, tiens, je vais tester l'aquajogging...Les V3 partent manger, j'ai une piscine de 20 m pour moi toute seule...D'un côté, les nains du jardin d'enfants me regardent mais sont de toute façon trop petits pour juger ce que je fais, de l'autre, j'ai droit à quelques regards curieux des musclors sur leurs machines mais leurs regards se reconcentrent rapidement sur les différentes paires de fesses qui passent à leur portée...
Les premières longueurs sont assez marrantes...Ca doit faire 22 ans que je n'ai plus porté ce genre de ceinture...Je penche vers l'avant, vers l'arrière, j'ai du mal à trouver mon équilibre et surtout, c'est assez étonnant de ne pousser sur rien...Je branche le chrono, le prof m'a laissé la musique et c'est parti... Moi qui évite les stades pour ne pas faire de tours de pistes, je me retrouve à faire des tours de piscine encore plus petits...Cela dit, je m'en fous...Je cours...Je passe la barrière psychologique des 13 min....

Aucune douleur...Je continue donc à la sensation...D'ailleurs, question au lecteur: est-ce que je peux utiliser ma ceinture cardio dans l'eau ou je vais la ruiner?
C'est très curieux comme sensation. J'ai l'impression d'être Pinocchio dans les mains de Gepetto. Un marionnettiste me tire le crâne, le dos vers le haut...Au bout de 20 longueurs, je commence à maîtriser le style...je ferme les yeux, imagine que je suis sur la terre ferme et ça vient tout seul...Je suis en apesanteur...j'ai l'impression d'être dans un film à l'eau de rose...Je cours au ralenti vers mon amant: le bord de la piscine...Tout mon entraînement est un ralenti mais cela me permet de vraiment me concentrer sur le geste technique et de préparer le mental.
Bilan: 45 min de course...C'était dans l'eau mais c'était le même geste et ça fait un bien fou au mental d'à nouveau monter en intensité au niveau du cardio, de faire le mouvement de course sans aucune douleur, de transpirer, de consommer de l'énergie, de sortir en ayant mal aux jambes (mais la bonne douleur).
Demain, après avoir lu tout ce que j'ai trouvé sur l'aquajogging, j'y retourne. Je suivrais mon programme dans l'eau tant que je ne pourrais pas le faire sur la terre ferme...
Et voilà, après huit jours de repos complet, retour au centre sportif. Premier constat: j'ai l'impression que l'arrêt de la course a réveillé dans mon corps toutes les douleurs dissimulées jusque là par ma production d'endorphines...
Du coup, j'ai mal dans des endroits qui me semblaient tout à fait sain jusque là.
Je pars au centre sportif, pleine d'espoir. Je compte sur le kiné pour me dire enfin quel sport je peux pratiquer sans risque et puis, tant qu'à y être, je le confonds un peu avec un magicien, j'espère que d'un coup de baguette magique ou de toucher magique, tout rentrera dans l'ordre.
Première rencontre: je l'avais repéré, il est vraiment pas moche et ça ne va pas être évident... 
On discute, il me tutoie tout de suite ce qui ne me met pas spécialement à l'aise. Je lui explique mon problème et puis cet ordre: déshabillez-vous!
Oh là, beau gosse, on peut peut-être faire connaissance avant, discuter de nos centres d'interêt...Avons-nous besoin de nous dispenser aussi rapidement de toutes les civilités d'usage???Ai-je l'air d'une fille facile??? Mais bon, de bonne grâce, je m'exécute...
Mince, j'ai encore mis un boxer à la con avec de belles grosses fleurs bleues (note pour plus tard: faire attention à ce que je porte au prochain rdv
) Et c'est parti pour 30 min de palpation en tous genres, de massages...Et bien, vu sa façon de se pencher sur moi, heureusement que ce n'est qu'au genou que j'ai mal...Mais je me demande si je n'aurai pas un début de pubalgie
)...Il me tire les jambes dans tous les sens, regardent l'alignement de mes chevilles tout en me questionnant sur ma vie...Etonnant comme première approche...Mais bon, je suis une personne ouverte....
Quand soudain, alors qu'il passe en revue chaque millimètre de mon ligament...Aiiiiiiiiiiiiiiiiiie!
Et là, ça vous fait mal? Euh oui!!! Et là? Euh mon gars, t'as beau être mignon, si t'enlèves pas ton pouce de là, c'est mon genou dans ta belle gueule que tu vas prendre
(ben oui, la Yayoun ne réagit pas très bien à la douleur). Diagnostic: c'est bien une TFL....Bon ça, je le savais déjà....
La mauvaise nouvelle: je l'ai aux deux genous...Deux semaines de repos et je la déclenche à gauche. Super, je viens de me rendre compte d'un schéma récurrent dans ma vie: à chaque mec, je me fais une articulation ou un os: un tibia droit, une cheville droite, un genou droit, un genou gauche...Si je respecte cette constante, au prochain, je me fais la cheville gauche...
Ca pourrait devenir utile d'avoir un kiné sous la main...Au moins, il pourra toujours soigner mon articulation...
Bilan: et bien, mon cher kiné, je vais vous voir encore plus souvent que mon mari virtuel: 3 fois par semaine et ce pendant au moins deux-trois mois...Là, j'hésite entre la joie ( et bien au bout de tout ce temps, je vais tout savoir de lui) et la crise des nerfs (trois mois sans courir) mais il me rassure immédiatement: on va vous la faire courir cette saintélyon: ok alors on fait un pacte: je la cours et la finis: je vous offre un resto pour vous remercier, je ne peux pas la courir, vous me devez un resto...Pas mal comme idée...
Prochains RDV: mardi: ostéo: j'ai selon le kiné le bassin qui est décalé ....
mercredi: kiné + podologue
jeudi: kiné
vendredi: kiné
Je vais pouvoir faire un gault et millault des soins médicaux....
Mais si ça me permet de recourir....
Enfin, concernant la reprise du sport, j'ai le droit de faire tout ce qui ne me fait pas mal: natation, muscu, aquagym, stretching...A la moindre douleur, je dois arrêter...
Du coup, ce soir: une heure et demie de PPG avec haltères et élastiques entrecoupée d'étirements très fréquents maintenant que j'ai appris à étirer mon tenseur du fascia lata: musculation des adducteurs, abducteurs, quadri, ischios, abdos, lombaires, pompes...Apparemment, le meilleur moyen de prévénir les récidives de TFL, c'est de muscler mes adducteurs et abducteurs et pour éviter que mon bassin se décale davantage, rien de tel que le gainage...Petitjean, je suis ton conseil...Dans deux mois, on peut faire un concours de pompes
Demain, je pars squatter les cours du 3e age et fréquenter les bonnets de bains à fleurs, je sens que je vais m'éclater...
P.S: papa, maman, je sais que vous lisez mon blog, évidemment les faits sont exagérés ici: mon kiné est très bien, très professionnel et je ne l'embrasserai que s'il me permet de recourir...
Depuis quelque temps je l'avoue, j'avais le moral un peu dans les chaussettes: impossible de courir, de pédaler, obligation de se reposer en comptant les jours de repos les uns après les autres et en imaginant tous les jours de préparation qui auraient du être à leur place...Bien sûr, il y a des choses plus graves mais la Saintélyon est une course importante pour moi et la voir s'éloigner de jour en jour, c'est pas très agréable...Cette après-midi, j'en étais même venue à dire à mes collègues que finalement, je ne la ferais peut-être pas...Bref, le négatif avait pris le pas sur le positif...
Profitant de ma pause entre midi et deux, je continue mes recherches sur les tfl...Cela me donne l'impression de maîtriser la situation et de faire quelque chose...Je tape donc TFL dans le moteur de recherche de Kikourou (que j'ai enfin trouvé: merci Jérôme et le Castor) et je tombe sur un sujet intéressant intitulé: Tendinite et Saintélyon.
Et là, j'aperçois le visage rayonnant de bonheur de cette étoile que nous sommes nombreux à porter au creux de notre camelbag, Lolo et je lis son message:
En prépa de Saintélyon j'ai fait Jogg'iles le 18 novembre (30kms) j'ai voulu aller un peu vite et j'ai ressenti une douleur au genoux... rendez-vous chez le médecin.. tendinite à la patte d'oie... 10 séances de kiné... une par jour... traitement par ionisation... plus médicamentation la veille et le jour de la course... à faire chez moi : 3 * 20 mn de glace par jour + des étirements doux.
En plus sous les conseils d'Oizo j'ai changé mes pompes... beaucoup trop larges... pas de stabilité.
Lolo_pleine_d'espoir_ki_croise_les_doigts
Lolo, je l'avais rencontré il y a un an presque jour pour jour au Marseille-Cassis à un moment un peu plus difficile de ma vie...Ma relation de couple avait moins tenu le coup que mes jambes et j'avais plus envie d'y aller à cette course...on devait la faire à deux, plus envie de la faire seule...Et bien, elle me motivera quand même pour venir, me disant que je ne vais pas me gâcher l'une des plus belles courses simplement pour un garçon et au lieu de la faire seule, et bien j'y ai rencontré Lolo, Béné et Laurent. Puis Lolo, je l'ai revu à la Saintélyon...On partage le repas ensemble...je me souviens de son papa au milieu de ses cartes qui nous montrent la route à prendre pour rejoindre son relais...Je me souviens aussi de ce défi fou qu'elle s'est lancé avec Jepipote qui n'a jamais couru plus de 21 km: finir cette saintélyon en solo...Enfin, je me souviens de sa poche de camel pleine de dragibus et de fraises tagada parce qu'Haribo c'est bon la vie...Et Lolo, cette course, elle l'a fini, elle l'a fait. Enfin, souvenir plus triste, plus douloureux, je me souviens de son enterrement, de son dossard de la saintélyon accrochée à sa photo et surtout je me souviens de ce message qu'elle nous a laissés: ne jamais baisser les bras, se battre jusqu'au bout.
Alors je lis son 2e message, écrit quatre jours avant la sainté lyon:
Les séances de kiné m'ont fait du bien... la glace aussi, je suis super confiante car mon kiné l'est aussi... donc je positive... mon médecin m'a prescrit des anti-inflammatoires (1 voltarène LP par soir à compter de ce soir) et plus que 2 séances de kiné.
On verra samedi. De toutes les façons, mon papa me fait l'assistance, si j'ai trop mal j'arrête et il me récupère. Mais j'aurai tout fait pour que ça marche.
Lolo_ki_YYYYY_croit
Et j'y lis ces mots: je positive, je suis super confiante car mon médecin l'est uassi et surtout cette phrase magnifique: "mais j'aurai tout fait pour que ça marche".
A ce moment là, en salle de prof, je regarde là-haut, des étoiles perlant dans les yeux et je lui dis merci, merci de m'avoir envoyé ce message et je me dis aussi:
Cette saintélyon, je n'ai pas dit mon dernier mot. Moi aussi, je veux tout faire pour que ça marche. Si c'est pas bon, tant pis, ce n'est qu'une course...Mais au moins, je veux tout faire pour que ça marche. Alors Béné, accroche toi, entraîne toi parce que je compte bien la courir cette course et mettre toutes les chances de mon côté pour la finir et pour qu'on la finisse ensemble.
En plus, 2e signe, je me perds dans Saint Etienne en allant en formation (et ceux qui connaissent sauront que vu mon sens de l'orientation légendaire, je ne l'ai pas fait exprès) et j'arrive sur la ligne de départ de la sainté.
Enfin, 3e signe, dans ma boîte, le DVD du Mont Blanc pour me rappeler ce que j'ai déjà été capable de faire par le passé alors que deux mois avant, j'affichais une entorse grave avec déchirure des ligaments...
Alors, non, je ne vais pas baisser les bras, au contraire, je vais les lever très haut, prendre le problème à bras le corps et après le temps de l'analyse qui m'a permis de comprendre les raisons de la blessure et m'évitera de la reproduire, il est temps de s'occuper des remèdes...
Bien sûr, je resterai prudente mais I am back et je compte bien mettre toutes les chances de mon côté pour que ça marche afin de pouvoir dire comme Laurence: si j'ai trop mal, j'arrête mais j'aurai tout fait pour que ça marche".
Oui Laurence, j'ai compris le message, je n'abandonne pas.
Extraits:
" Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu'elle nous parlait :
- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
- Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. "
Erik Orsenna, La grammaire est une chanson douce
"Depuis quelque temps, déjà, autour d'eux, le mot rôde, guettant le moment, qui ne peut pas tarder...Et en effet, le voici... ce qui pouvait se contenter de se réfugier dans la grisaille protectrice des paroles les plus ternes, les plus effacées, est devenu si dense, intense, cela exige une place à soi, toute la place dans un vaste mot solidde, puissant, éclatant...
Et le mot est là, tout prêt, le mot "amour", ouvert, béant...ce qui flottait partout, tourbillonnait de plus en plus fort s'y engouffre, se condense aussitôt, l'emplit entièrement, se fond, se confond avec lui, inséparable de lui, ils ne font qu'un...
Le mot "amour" entouré d'un halo de lumière, tel l'ange annonciateur est entré...il est reçu avec la même soumission, la même résignation, la même humilité, la même joie timide et la même crainte.
Le mot "amour" est entré, apportant la connaissance, détruisant l'innocence...et aussitôt les humbles paroles échangées perdent leurs vides parcourus d'à peine perceptibles tremblements...elles deviennent toutes plates, inertes...des voiles dont l'amour n'osant pas se montrer pudiquement dehors se recouvre.
Elles sont des camouflages à l'abri desquels, prudemment, hésitant à s'exposer, il se dissimule...elles sont tout ce qu'il parvient à trouver pour le plaquer sur soi, s'en faire une carapace...Mais sous la poussée irrésistible de sa croissance, sous la puissance de son expansion, elle craque, éclate, les paroles disloquées s'éparpillent...et du silence au-dessus de leurs débris qui gisent dispersés le mot "amour se dégage...
Peu nous importe lequel des deux...mais ils portent aussi maintenant, mais nous pouvons maintenant leur donner à eux aussi un nom...lequel des deux amoureux en premier le prononce. Le mot "amour" est là, en eux, tout prêt à déborder, ils l'ont tout au bord des lèvres.
Le mot "amour" et ses dérivés, "je vous aime, je t'aime, nous nous aimons"...quand ils sont prononcés, quand ils sont répétés, comme les paroles des prières que des voix innombrables à travers les âges de génération en génération ont récitées, répandent la sécurité, l'apaisement.
Celui qui après tant d'autres, avec tant d'autres les prononce, accepte humblement d'être l'un d'entre eux, de n'être qu'un parmi eux.
Le mot "amour" passant de l'un à l'autre accomplit ce miracle: des mondes infinis, fluides, incernables, insaisissables prennent de la consistance, deviennent en tous points semblables, faits d'une même substance. L'"amour" est en chacun d'eux.
Le mot "amour" quand il monte aux lèvres des amoureux, quand il se montre au-dehors, est comme le pavillon aux armes du souverain, qu'on hisse sur un palais pour signaler que l'hôte royal est arrivé, qu'il est là, dans ses murs.
Un palais jusqu'ici désaffecté, aux mornes salles inhabitées, qui maintenant s'anime, resplendit, nettoyé, frotté, poli, repeint à neuf, empli de toutes choses magnifiques que l'"amour" rassemble...
Certains de ceux qui ont la chance de résider dans une de ces splendides demeures au milieu de tant d'oeuvres d'art rassemblées permettent par moment aux badauds admiratifs et respectueux, attroupés devant leurs façades fermées, d'y pénétrer, de défiler silencieusement, de s'extasier..."
N. Sarraute, Le mot amour in L'usage de la Parole, 1980.