Confession intime...
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Confession intime...

Par yayoun - 08-10-2008 19:09:08 - 13 commentaires

         Mon père, il est temps aujourd'hui que je me confesse avant que le Castor ne gaffe un jour ou l'autre comme il a pu le faire ce week-end après deux verres de génépi...Oui j'ai honte, je rougis d'avance de ce que je vais avouer mais la grandeur de l'homme réside en partie dans sa capacité à assumer ses actions et son passé, alors assumons, confessons et vivons libre de toute peur...

 

        J'avoue, je suis une grande fan des backstreet boys. Voilà, vous savez tout. A mon grand malheur, le castor l'a découvert lors d'un covoiturage vers la Savoie. Mon ipod était réglé en mix aléatoire et soudain, une chanson des Backstreets boys retentit...Mon dieu, comment disparaître dans un trou de souris alors que c'est moi qui conduit???

       Rien ne sert de nier, il faut assumer à présent...je ne peux même pas dire que c'est ma petite soeur imaginaire qui a téléchargé ça...ça fait dix ans que ce n'est plus à la mode en France...

      Tout a commencé vers mes 12 ans: la vague des boys band déferlent sur la France et comme toute midinette de 12 ans, je clame haut et fort écouté Nirvana et ACDC alors qu'en réalité, je passe en boucle les Worlds Apart et regarde Dawson...

     Ah, les Worlds Apart, c'est eux qui m'ont mis dedans...Ce fameux premier tube, baby come back, récit d'une histoire d'amour malheureux passe en boucle sur mon lecteur CD ( mes parents ont été très patients) sans compter que ce que n'a pas grillé le Castor, c'est la chorégraphie qui va avec...et puis, il y a Steve, ah Steve, beau brun ténébreux qui me répète à n'en plus finir Baby, I adore you. Je maîtrise de mieux en mieux l'anglais. S'ensuit alors ces tubes d'anthologie Quand je rêve de toi, chef d'oeuvre de la littérature parolière (don't you know that I need you so, il fallait le trouver quand même , il continue sur: 

j'imaginerai ton visage dans le bleu d'un océan d'amour, j'ira là où tu m'attends,

je ferai un long voyage comme le font les oiseaux

pour être au pays de ton corps tous les deux

Ronsard peut aller se rhabiller...et Back to where we started qui accompagnera les premiers chagrins d'amour et les premiers regrets très vite dissipés: 

      Alors que les damoiselles des châteaux forts découvrent les premiers émois amoureux dans les romans courtois, je les vis avec Julien Sorell, Fabrice Del Dongo et les boys bands...

     Les boys-bans, image d'un monde artificiel où de beaux jeunes gens conversent de manière galante et raffinée, polie et courtoise, j'aurais tort de m'en priver... ( par rapport à un rappeur qui me dit: "I like big butts, use me, you got go like a turbo vet, my anaconda don't want none unless you got buns honey ou I want to f*** you, même si le but à la fin est le même, avouez qu'il y en a une façon de le dire qui est plus agréable...Mais si autre perversion notoire, je suis fan de ce rap)

 

    Mais soudain, c'est la rencontre d'un troisième type, la découverte d'un autre monde...Quinze ans, je pars pour trois mois aux Etats-Unis. Laura, l'une des filles de ma famille d'accueil, me fait découvrir les Backstreets boys, quasiment inconnus en France...Et là, une grande histoire d'amour commence....

    Le nom du groupe est prometteur, ah ce petit côté Bad boys qui plaît tellement aux filles...Et puis il faut dire que ce groupe se pose véritablement des questions existentielles....Show me the meaning of being lonely... Au départ de Washington sur la route qui nous mène à Miami, nous écouterons inlassablement tous les CD (pauvre Nancy qui a enduré patiemment ces teenagers en train de danser dans la voiture en susurrant des paroles mielleuses) et depuis, à la manière de la madeleine proustienne, les chansons me rappellent cette épopée formidable, la découverte de la Géorgie, New Smyrna Beach et les Américains...yammi...

   Je découvre aussi que si le physique des boys band est très éloigné du mâle français, il se retrouve sur les plages américaines...et puis dans ce groupe, il y a Kevin, beau brun aux yeux bleus...

   Je repars en France avec tous les CD qui vont accompagnés mes premières histoires d'amour...Ah, le nombre de chansons que j'ai traduites dans les lettres adressées aux garçons. Mais ils accompagneront aussi mes nuits blanches passées à rédiger mes dissertations de philo en prépa, une tasse de thé sur le bureau et I want it that a way dans les oreilles...Viendront ensuite les nuits blanches à rédiger des fiches d'étymologie, de grammaire, à apprendre par coeur des centaines de citations pour l'agrèg avec toujours Brian, Steven, Nick et Howie...

   Il faut dire que les titres sont autant de promesses que toutes les filles meurent d'envie d'entendre à l'âge bête:

I'll never break you heart

I will love you more than that

You're the one

Malheureusement, je me rends très vite compte que cette réalité masculine n'existe que dans les bluettes ou chez le gay...Le vrai mâle français ne dirait jamais ce genre de choses alors dans une réalité qui n'est pas toujours rose, ça devient une sorte de doudou...Il faut dire que la musique est bien construite niveau marketing avec toujours cette petite pause, ce petit moment de ralenti à la fin, cet emploi de la 2e pers du sg qui donne l'impression qu'on est la seule à qui le chanteur s'adresse...

    Et il est vrai qu'encore aujourd'hui, il accompagne mes échauffements, mes retours en calme en entraînement, mes rêves éveillés, mes heures passées au volant ...

   Et quitte à avouer jusqu'au bout, je les ai vus une fois à New-York où moi, jeune fille somme toute pas trop idiote me suis surprise à hurler leurs noms comme toutes les autres cintrées alentour...

   Et il est certain que s'ils repassent en concert, j'y vais, je hurlerai à nouveau jusqu'à en brûler mes poumons et je leur jetterai mon numéro de téléphone sur la scène...

   Ah,c 'est fou ce qu'une fille peut être irrationnel dans certaines domaines: la nourriture, les sacs à mains et les beaux corps musclés qui murmurent des paroles d'amour...

   Mais finalement, quel mal y-a-t-il à ça? En ces temps de crise financière, de désastre écologique, de famines, de guerres, de pauvreté à tous les coins de rue, une guimauve de temps en temps, ça fait du bien...

   Ovide parlait déjà dans son Art d'Aimer des  belles paroles à murmurer pour séduire une femme, elles ne cesseront d'être chanté d'Orphée à Aragon en passant par nombre d'auteurs différents alors: 

Kevin qui me chante: You need me, I need you (avec ce chiasme épatant), we can share our dream coming true, I can show you what true love is, just take my hand

ou Baudelaire qui m'écrit cet amour partagé solitairement: 

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais

O toi que j'eusse aimé, ô toi qui le savais

(avec ce formidable et ô combien significatif subjonctif plus que parfait qui détient tout le sens du poème, ce subjonctif qui en deux mots traduits la passion immédiatement avortée, le regret éternel, qui contient tout le possible de cette histoire d'amour qui ne sera pas...)

Un style différent certes mais finalement un but partagé: celui d'une forte partie de la littérature, de la chanson, du cinéma: nous parler d'amour dans un monde où on en a tellement besoin...

 

     Voilà vous savez tout, merci mon père de m'absoudre de tous mes péchés mais je ne peux jurer de ne pas recommencer et tomber dans la perversion. 

    Et si je vous rassure, il y a d'autres choses sur mon ipod ...Alors pour chaque chanson de Boys band écoutée, je passerai ensuite une chanson de rock (ah Marilyn Manson et son Sweet dreams mais ça c'est une autre histoire...)

 

     

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13 commentaires

Commentaire de Khanardô posté le 08-10-2008 à 20:48:40

Ben moi j'avais bien une soeur qui écoutait Mike Brant et Frédéric François, alors...
Pour ta ma fille, tu me copieras 3 fois la pochette de l'album de Santana "Lotus" puis tu t'en iras travailler Are You Experienced sur ton xylophone. Va en paix maintenant.

Commentaire de Khanardô posté le 08-10-2008 à 20:49:22

...Pour ta peine, ma fille...

Commentaire de taz28 posté le 08-10-2008 à 20:51:47

Ô ma jolie Sarah (chanson que le Castor doit connaitre aussi ;-))
Chacun ses petits secrets plus ou moins avouables....
Merci de nous avoir livré les tiens avec explication à l'appui, je pense que tu es toute pardonnée !!!

Commentaire de ampoule31 posté le 08-10-2008 à 20:56:30

Puisque tu écoutes aussi Marilyn Manson tu es à moitié pardonnée, mais n'y reviens pas, Hein !

Commentaire de marioune posté le 08-10-2008 à 21:28:59

ben yayoun, ASSUME...Moi je suis une fan de "am a barbie girl in a barbie world". même à jeun...

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 08-10-2008 à 21:55:33

Le subjonctif plus que parfait est en fait un conditionnel passé deuxième forme car le "que" est en fait un pronom relatif et non une conjonction de subordination. J'adoooore sodomiser les diptères ! Pour me faire pardonner, ces quelques vers de Gilbert de Berneville :
Hé, amors, je fui norris
En vostre covent
Et cuidai manoir tos diz
En vos ligement
Sanz ja dessevrer;
Mais je n'i porrai durer,
Ce m'est avis,
Car de totes parts sui assaillis
Se n'i ai mort deservie;
Mes biens vueill qu'amors m'ocie.

Commentaire de L'Castor Junior posté le 08-10-2008 à 22:47:34

Convoquer Ronsard et Baudelaire, Ovide et Aragon pour justifier un goût immodéré pour les Boys Bands : on aura décidément tout vu !!!
En tout cas, je peux témoigner qu'il y a également les Fatals Picards sur cet iPod ;-)))

Commentaire de yayoun posté le 08-10-2008 à 23:24:49

Tout à fait exact cher Lutin, il s'agit d'un conditionnel passé 2e forme aujourd'hui devenu subjonctif plus que parfait mais la présence du pronom relatif lui donne sa valeur de futur dans le passé qui exprime parfaitement cet amour déjà achevé avant même d'avoir commencé et qui mêle en plus la valeur hypothétique avec ce si suspendu dans le silence que chacun attend et en même temps redoute...Ah, ça faisait longtemps que je n'avais plus fait ça, ça fait du bien...

Commentaire de corto posté le 09-10-2008 à 08:47:26

C'est bon je me suicide!!

Commentaire de Françoise 84 posté le 09-10-2008 à 16:02:32

Grrrr.... mon frère a cafté pour Mike Brant (Frédéric François, non pas trop!!)... et oui, j'avais une douzaine d'années aussi et j'aimais bien ce "bellâtre" (dixit Xavier, quand un vieux disque passe sur Nostalgie!). Bon, en même temps, c'est pas plus ridicule que danser sur "Maya l'Abeille" ou "Captain Flamme" en boite (pour les jeunes trentenaires!!).

Commentaire de Pegase posté le 09-10-2008 à 16:02:57

Quelle perverse cette Sarah !!!!

"Ah,c 'est fou ce qu'une fille peut être irrationnel dans certaines domaines: la nourriture, les sacs à mains et les beaux corps musclés qui murmurent des paroles d'amour..."

Toi, tu n' as pas vu le corps tout musclé et bandé du Castor en train de déclamer avec tout le rafinement qui le caractérise "les couilles de mon grand père..." en haut d' un terril en plein nuit.... ;-)))

Commentaire de Epytafe posté le 09-10-2008 à 18:22:11

BENOS... Passe ici et réexplique nous toutes les joies du heavy metal, du vrai qui fait mal aux oreilles et qui renvoie Marylin Manson à égalité avec les Boys Band... BENOOOOOS...

Commentaire de eric74 posté le 10-10-2008 à 11:23:09

ouhhhhhhhhhhhhhhh la honte !!!

MDR
pas près moi d'avouer mes petits secrets

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